BPI group a lancé avec BVA une enquête internationale auprès de salariés pour connaître leurs perceptions vis à vis de leur manager direct. Quelle opinion les salariés ont-ils de leur manager direct ? des dirigeants de leur entreprise ? Quelles qualités leur reconnaissent-ils ? Quelles qualités en attendent-ils compte tenu des défis à venir de l'entreprise ? Quel manager idéal réclament-ils ? 

La proportion de salariés ayant une bonne ou très bonne opinion de leur manager a fortement diminué par rapport à 2007 dans la plupart des pays. Le rôle clé des managers de proximité dans l’attachement des salariés à l’entreprise et dans leur engagement au travail est également pointé. Et l’entreprise de demain devra faire face à de forts enjeux… managériaux.

Si l’on dresse le portrait robot du « manager idéal » dans 8 pays sur 11, il est près de ses équipes, à leur écoute et tient compte de leur avis et suggestion. Il sait instaurer une relation de confiance. Il communique et favorise la coopération. Il reconnaît le travail de ses collaborateurs. Il est considéré comme étant une pièce maîtresse dans l’instauration du lien social dans l’entreprise.

Le figaro magazine a publié un article à ce sujet en Mars 2011

VIE DE BUREAU - Les salariés ne sont ni suffisamment écoutés, ni suffisamment informés par leur hiérarchie. Dans un contexte de diète salariale, la démotivation guette.

Le divorce n'est pas encore consommé, mais les relations salarié-manager se détériorent. Si les salariés demeurent majoritairement (à 78%) satisfaits de leur travail, les rapports qu'ils entretiennent avec leur supérieur direct ont pâti de la crise, souligne une étude réalisée par BVA pour le cabinet de conseil BPI. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 22% à avoir une très bonne opinion de leur manager, soit une chute de dix points par rapport à 2007.

Les qualités managériales plébiscitées par les salariés - l'écoute, la capacité à motiver, à parler vrai, à admettre ses erreurs, à instaurer une relation de confiance… -, sont celles qui font, selon les personnes interrogées, le plus défaut à leurs supérieurs. Car les salariés d'aujourd'hui sont avant tout attentifs aux qualités humaines de leurs chefs directs, les compétences techniques passant au second plan. Un sondage Mediaprism Group s'est même essayé à faire comparer le manager idéal avec un animal : devant le renard, l'animal le plus cité était un Saint-Bernard !

Pourtant, les managers ont de moins en moins le temps de développer ce type de qualités. «Avec la crise, les suppressions de postes, les managers de proximité (ndlr : ceux qui sont en relation directe avec les salariés) sont moins nombreux. Ils disposent donc de moins de temps pour communiquer et manager», analyse l'étude BVA.

«Leur tâche s'est complexifiée, confirme Olivier Herlin, consultant en management chez Pactes Conseil. Les contraintes auxquelles ils sont confrontés augmentent tandis que leurs moyens stagnent, voire diminuent. De plus en plus, on leur demande de produire des indicateurs, des tableaux de bords, qui grignotent le temps consacré au management au sens propre».

Démotivation des troupes

Conséquence : les salariés se sentent relativement peu informés sur la vie et la stratégie de leur entreprise, et sont de plus en plus réticents à exprimer leur propre opinion. D'après le baromètre BVA, 52% des salariés jugent que dire ce qu'ils pensent au travail pourrait être mal vu.

Pourtant, la qualité de la relation nouée avec le manager est déterminante pour la capacité d'une entreprise à conserver ses meilleurs éléments. «On rejoint une entreprise, on quitte un patron», rappelle Pascale Portères, vice-présidente de BPI. Pour 75% des personnes interrogées, leur chef direct joue un rôle clé dans leur attachement à l'entreprise, et reste un levier de motivation efficace.

Une donnée à ne pas négliger à l'heure où les salariés constatent avec déception que les sacrifices consentis pendant la crise économique ne seront pas récompensés financièrement. «Il y a une vraie frustration, tous secteurs et toutes catégories socioprofessionnelles confondues. Les salariés sont plus que jamais en quête de reconnaissance, analyse Pascale Portères. Si les managers ne savent pas être davantage à l'écoute de leurs collaborateurs, je crains une dégradation de la mobilisation».