Or, maints constats ont été faits à ce sujet,  et nous avons pu nous-mêmes l’observer lors de nos missions en entreprises : là où le collectif est défaillant, les risques psychosociaux sont latents…et la performance est fragilisée.
 On redécouvre aujourd’hui que  le collectif de travail représente non seulement un facteur de prévention des RPS, mais aussi un lieu de dialogue social favorisant la fluidité des échanges et la réactivité, un enjeu fort pour les entreprises.
Travailler ce n’est donc  pas uniquement produire quelque chose, c’est aussi et surtout, vivre ensemble, et la coopération en est le moyen. Il convient de réapprendre à la faire vivre en entreprise…

Mais qu’entend-t-on par coopération ?
Tout d’abord, la coopération, c’est un état d’esprit.
Plus profondément que la notion de cohésion dans l’équipe (qui parle de la force des liens qui unissent des personnes et les fait tenir ensemble…on a pu observer des équipes très cohésives et pourtant le travail n’était pas fait !), la coopération met l’accent sur l’appartenance et la notion de communauté, sur le vivre ensemble durablement.
Il est question d’une mission commune à réaliser ensemble, ce qui suppose du temps pour partager, créer du lien,  se connaître et se reconnaître dans ses modes de fonctionnement…
La coopération développe l’éthique de la relation plutôt que la force de la relation. Elle met en exergue les « arrangements » que les personnes mettent en place entre elles pour faire leur travail correctement (solutions alternatives pour réussir), car sans cette coopération, l’entreprise serait souvent « paralysée » par la rigidité de ses processus.
Quand la coopération  existe dans une entreprise, elle favorise l’expression du potentiel de chacun au service de (des)  l’équipe (s) dans la perspective d’une œuvre commune, elle développe la notion de sens partagé et enfin, elle a pour effets la performance.

Spontanément les gens sont portés vers la coopération même si ce n’est pas ce qu’ils évoquent en premier, mais il y a une aspiration naturelle à appartenir à un collectif (on se construit avec ça).
Et pourtant, le meilleur ennemi de la coopération c’est le temps, c’est une construction progressive que l’on peut perdre, happés par la pression du quotidien,  mais que l’on peut retrouver : en ayant posé dès le départ des règles de vie en commun et en ayant un manager engagé à activer régulièrement celles-ci…

Quelles sont les 8 conditions pour qu’existe  la coopération ?

* Une envie de donner spontanément et une capacité à recevoir, c’est  la RECIPROCITE.
C’est ce que je décide de donner en plus de mon contrat de base, ça part d’un désir personnel et d’un engagement…voici une belle analogie que nous avons tous vécu : « tenir la porte aux personnes suivantes dans le métro, c’est la norme sociale « restreinte »…mais si je la tiens plus longtemps en laissant à la personne le temps d’arriver, je suis dans le don hors de la norme sociale ( coopération)  et celle qui reçoit se sent engagée dans une réciprocité et aura tendance à tenir elle-même la porte plus longtemps au suivant… »

 

* Une CONFIANCE complète et mutuelle entre les membres de l’équipe.
La confiance est basée sur l’éthique et les valeurs morales que je reconnais chez l’Autre, me permettant ainsi de prendre le risque de m’en remettre à lui, notamment,  car j’ai expérimenté sa loyauté et fiabilité (concordances entre ses actions et sa parole).

* L’EMPATHIE perceptible entre chacun.
Le souci de l’Autre, éprouver ce qu’il ressent, mais aussi le lui manifester. C’est  renoncer à contrôler l’Autre et accepter qu’il puisse nous aider à nous comprendre nous-mêmes .

* La capacité d’EXPRESSION DES SENTIMENTS par chacun.
La coopération implique une dimension affective dans les échanges dont les principales caractéristiques sont :
-la fierté, aussi bien d’appartenir à l’équipe, que des actions menées et des résultats…
- la sympathie éprouvée envers ses collègues
 -la gratitude, autrement dit : la manière de s’y prendre pour rendre à l’Autre ce qui a été reçu au-delà de la norme sociale

* CONNAITRE LES AUTRES,
Qui est une des conditions pour les RE connaître…dans leurs différences et singularités, un préalable à une éthique de la relation et à la construction de la confiance.

* COMPRENDRE, ce qui attendu de soi, des Autres…
Sa place, son rôle, la mission collective partagée, les articulations fonctionnelles et opérationnelles de collaboration collective, les attentes mutuelles.

* La capacité à TRAITER les signes de  LA NON-COOPERATION.
Les signes de non-coopération doivent pouvoir être marqués et signifiés dans l’équipe, cela suppose un lieu d’expression et de régulation  des insatisfactions, ainsi que la mise en place de sanctions  lorsque que des règles de vie commune sont bafouées…Est-ce que les forces autant que les fragilités de l’équipe sont prises en compte ?

* Une ŒUVRE COMMUNE partagée
Au-delà de la mission qui rassemble l’équipe, quels sont les liens que celle-ci crée entre ses membres, quel est le sens partagé ? de quelle façon cette mission leur permet-elle de se réaliser en tant qu’individus ?


Quel dispositif mettre en œuvre, en entreprise, pour favoriser l’émergence de la coopération en équipe et entre les équipes ? Quelles modalités de travail ?...

Nous vous invitons à venir les découvrir lors de notre Atelier-Découverte du 7 Juin entre 9h et 13h, à la Maison du Limousin, au 30 rue Caumartin, Paris 9ème.
Une matinée pour comprendre, et expérimenter …

Et si en attendant, vous souhaitez approfondir cette notion de la coopération, nous vous conseillons le livre Norbert Alter : « Donner et prendre, la coopération en entreprise » aux Editions La Découverte.